MBM Formule 1 (1961)
- Goodstone

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Si Peter Monteverdi est plus connu parmi les fans actuels de Formule 1 pour avoir repris et renommé l’écurie Onyx en 1990, le constructeur suisse d’automobiles en (très) petite série s’est déjà aventuré dans la discipline trente ans plus-tôt, et de manière très éphémère…
Ayant un père propriétaire d’un garage automobile, il n’est pas étonnant que Monteverdi s’intéresse très tôt à la mécanique et aux voitures. En 1951, et alors qu’il venait de souffler ses dix-sept bougies, il conçoit sa propre machine sur une base de Fiat. Cinq ans plus-tard, le jeune Peter est amené à diriger le garage familial après le décès de son père. L ’enseigne située à Binningen (dans le Canton de Bâle-Campagne) s’occupe de la préparation, de la conception de ses propres modèle et la distribution des véhicules de prestige, dont Ferrari à partir de 1957. C’est à cette même période que le jeune Peter se lance dans la compétition automobile en participant notamment à des courses de cote dans son pays, sous sa propre structure, MBM.

Pilotant divers modèles, que ça soit une Ferrari 500 Testarossa, une 750 Monza, une Mercedes 300 SL ou encore des Lotus, le pilote suisse participera également à d’autres épreuves dans les pays voisins. A l’aube des années 1960, il commence à engager ses propres voitures préparées par Monteverdi lui-même, notamment aux courses de cote. Dans le même temps, ce dernier conçoit également des monoplaces de Formule Junior. Ce sont de petites machines munies de moteurs ne dépassant pas les 1000 ou les 1100cc et comme son nom l’indique, elles permettent à de jeunes pilotes d’accéder à la monoplace pour des couts modestes.
Monteverdi s’engage également dans cette catégorie avec ses propres créations. Il y’a eu quatre versions de Formule Junior de chez MBM, entre 1960 et 1961, certains sont vendus à des clients, que ca soit en Europe ou aux Etats-Unis.
La dernière version de la MBM Formule Junior, nommée « Type D », est intéressante car elle va servir de base pour la future monoplace qui répondra au règlement de la Formule 1. Les travaux ont débuté durant l’année 1960, soit en même temps que la construction des premières Formule Junior.

Par rapport à la Type-D, l’empattement a été rallongé. Le châssis tubulaire se pare d’une carrosserie en plastique élargie tandis que la plupart des pièces mécaniques proviennent de modèles de série, comme ce fut le cas avec la Type-D. Pour le moteur, outre son implantation central-arrière comme c’est désormais à la mode en F1, c’est un 4-cylindres à plat provenant de chez Porsche. En conformité avec la nouvelle réglementation du championnat qui n’autorise uniquement les moteurs de 1,5 litres à partir de 1961, c’est un bloc qui respecte tout juste la cylindrée maximale imposée. Petit détail, ce moteur ne provient pas des 718 et des 787 F2 que Porsche engage officiellement en Formule 1 et 2 et Il semblerait que le constructeur allemand aurait refusé de fournir les moteurs provenant de leurs monoplaces à Monteverdi, qui s’est débrouillé pour reprendre le 4-cylindres venant d’une Porsche 718 RSK Spyder.

Une seule ou deux MBM de F1 (il n’y a pas de véritable nom officiel à cette monoplace) ont été construites. Et une fois que celle-ci est terminé, Peter Monteverdi la pilotera à son propre compte, c’est-à-dire sous les couleurs de la Monteverdi Binningen Motors (d’où la signification de MBM), dans les courses de cote en Suisse et à proximité. Les résultats avec cette monoplace seraient mitigés.

Peter Monteverdi vise ensuite une épreuve réservée aux Formule-1. A la fin du mois de juillet 1961, il s’engage dans le Grand-Prix de Solitude, épreuve hors-championnat qui se déroule sur le circuit éponyme en Allemagne. Dans un plateau comptant une quinzaine d’engagés et mélangeant F1 et F2, celle qui est considérée comme la première F1 d’origine suisse ne brille pas dans ce tracé localisé à proximité de Stuttgart. Qualifié dans les dernières places sans avoir effectué le moindre chrono en qualifications, selon les sources, le jeune pilote suisse ne s’amusera pas longtemps en course car une panne mécanique (lié au moteur ou à l'embrayage) le forcera à l'abandon après deux tours...

Cette casse mécanique la cause du forfait de la MBM pour le Gand-Prix d’Allemagne, sixième manche du championnat de F1, qui devait se dérouler deux semaines après cette course hors-championnat. On ne verra jamais la jolie MBM F1 participer à une course officielle du championnat du monde…
On reverra la MBM en octobre, sur le circuit d’Hockenheim, pour une course secondaire qui réunit différentes catégories de monoplace. Alors qu’il avait un temps mené l’épreuve, Peter Monteverdi perd le contrôle après un souci mécanique et la monoplace s’envolera un moment sur la piste. La MBM est détruite tandis que le pilote suisse se blessera grièvement. Il ne pilotera plus jamais en compétition.

Par la suite, Monteverdi construira d’autres modèles qui peuvent courir en GT ou en voitures de sport. Puis, à la fin des années 1960, il se consacrera au développement et à la production de voitures de Grand Tourisme de prestige, cette-fois sous son propre nom. Quant à la MBM de F1, elle ne sera jamais reconstruite et la voiture détruite aurait été enterrée sous la concession familiale à Binningen ! Plus de vingt ans après cet accident, une réplique de la MBM F1 sera construite et sera exposée au musée de Monteverdi, toujours à Binningen.
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