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ASTON MARTIN AMR-ONE (2011)

Mis à jour : avr. 4

L’AMR-One est très probablement l’un des bides les plus retentissants en endurance ces dix dernières années. Construite par le constructeur britannique et la structure Prodrive, elle avait pour ambition de titiller les cadors du LMP1 (telles que la Peugeot 908 et l’Audi R18) en optant pour des solutions techniques originales. C’est raté !



Pour résumer les 24 Heures du Mans et la globalité des courses d’endurance accueillant les prototypes, c’est un duel Audi versus Peugeot, l’Allemagne contre la France, diesel contre diesel. Pour le reste des protos LMP1, à savoir Oreca, Lola (via Rebellion), Lola ou Aston-Martin, il va falloir se contenter des miettes, voire moins…C’est ainsi que pour l’année 2011, l’Automobile Club de l’Ouest (ACO) définit une nouvelle réglementation pour tenter de contrôler les coûts : réduction de la puissance et de la cylindrée, ajustement des performances pour certaines prototypes...suffisant pour voir une bataille à plusieurs voitures dans la catégorie-reine de l’endurance coté prototype ? Voila un défi qui intéresse Aston

Martin !



Une histoire vieille de 80 ans


Pour trouver la première participation d’Aston Martin en endurance, il faut remonter en 1928 avec les International, puis avec les 1 ½-litre qui participèrent aux 24h du Mans ou dans divers épreuves de manière assidue. Après la seconde guerre mondiale, la marque britannique continuèrent à courir sur ces mêmes types d’épreuves, jusqu’à la victoire dans la classique mancelle en 1959 avec la DBR1 pilotée par Roy Salvadori et Caroll Shelby. Passé ce(s) moment(s) de gloire et après une courte aventure en Formule 1, Aston Martin se retire officiellement des compétitions automobiles.


La DBR1 au Mans 1959 (©?)


S’en suit des participations privées, voire semi-officielles au cours des années 1980 avec la Nimrod ou l’AMR1, avec des résultats plus que médiocres, avant de revenir officiellement au milieu des années 2000 avec l’aide de Prodrive, structure anglaise crée par David Richards connue pour la qualité de préparation des voitures en compétition en rallye (Subaru) ou ailleurs. Ensemble, ils conçoivent la DBR9 GT1, ou l'arme anti-Corvette, qui courra aussi bien au Mans qu’en FIA-GT, avec pas mal de succès à la clé.


24h du Mans 2007 (©Lemans.sqwib.org)

Mais pour Aston, cela ne semble pas suffisant : il faut viser encore plus haut, comme construire un prototype pour aller titiller Audi. Le fait d’avoir motorisé la Lola B08/60 du Charouz Racing en 2008 a surement été le déclencheur de l’arrivée d’Aston dans cette catégorie.


C’est ainsi qu’un prototype LMP1 « 100% Aston » a été créé…ou presque : celui-ci a été conçu avec l’aide de Prodrive et du constructeur Lola, ce qui nous donne l’Aston Martin DBR1-2, ou parfois appelée Lola-Aston Martin B09/60, dotée notamment d’un V12 atmo. Débutant en compétition en 2009, le constructeur britannique remporte trois victoires dans le championnat Le Mans Series (futur ELMS) et remporte le championnat dès sa première année d’exploitation. Certes, Audi et Peugeot ont déserté le championnat, mais il faut souligner la performance de la voiture reconnaissable à la livrée Gulf. Par contre, la DBR1-2 marque justement le pas lorsqu’elle est confrontée aux Audi et au Peugeot (notamment au Mans ou dans quelques manches en LMS), avec leurs protos plus radicaux et performants, mais aussi avec un budget important comparé à Aston Martin / Prodrive. Le scénario se répète en 2010, avec cette-fois un programme à temps partiel en LMS et une participation à Sebring et au Mans.


©ACO


Pour Aston Martin, il s’agit de voir plus haut en termes d’ambitions. C’est pourquoi un tout nouveau prototype, conçu sans l’aide de Lola cette-fois, est construit pour 2011. Les DBR1-2 seront quant à elles, vendues à des équipes clientes…



100% inédit !


La conception de la voiture a véritablement commencé en été 2010, un peu tard pour construire son proto supposé être opérationnel dès 2011 me diriez-vous, en fait, Aston Martin et Prodrive attendaient que l’ACO dévoile son nouveau règlement pour les prototypes…enfin, c’est la version (presque) officielle, car selon certaines sources, les deux entités n’auraient pas les moyens suffisants pour la concevoir plus tôt. Ce n’est probablement pas que des sources erronées : aux 24 Heures du Mans 2010 , Aston a engagé deux gentlemen-drivers sur un de leurs protos, ce qui correspond surement à un début d’explication sur ce point.


Illustration de la future LMP1 d'Aston Martin (©Caradisiac)

En tout cas, la voiture sera construite dans les ateliers de Prodrive qui a pas mal de boulot en perspective car outre ce souci de temps (et d’argent), l’officine de Richards doit également préparer la nouvelle Mini JCW qui doit courir au championnat du monde des rallyes (WRC). Ça ne se disperse pas trop au fait ?



La nouvelle arme d’Aston est révélée au salon de Genève, début mars 2011. Le nom de ce prototype LMP1 est AMR-One (ne pas confondre avec l’AMR1, qui a couru à la période des Groupe-C à la fin des années 1980). Il s’agit d’une voiture totalement inédite, ne partageant rien avec sa devancière, pas même le moteur (conçu sous la houlette de Jason Hill) : un six cylindres en lignes de 2000cc et doté d’un turbo-compresseur, ce qui donne une puissance à 540 chevaux. Notons que ce moteur « L6 », compact d’apparence, se caractérise par un unique banc de cylindres, ce qui donne un petit air asymétrique à la voiture. Une boite séquentielle à six vitesses conçue par Xtrac logera dans la voiture…


©racecar-engineering


Pour le reste, l’AMR-One ne fait rien comme les autres : il s’agit d’un prototype à cockpit ouvert, contrairement à ses rivales. Et ce n’est pas fini : unique sortie d’échappement, aileron de requin sur le côté droit de la voiture uniquement, nez haut…Ce n’est pas l‘audace qui manque sur ce proto, probablement une volonté de George-Howard Chappell, directeur technique de l’équipe, fidèle de Prodrive et concepteur de l’AMR-One, de se démarquer de la concurrence. Notons enfin que l’aérodynamique a été intégralement assistée par ordinateur, notamment par CFD, ou mécanique des fluides numérique. Quand on vous dit que tout a changé, hormis la livrée Gulf. Michelin sera, comme ce fut le cas depuis 2009, le fournisseur pneumatique. Voila des choix qui laissent plus d'une personne (spécialistes comme le grand public) étonné, voire sceptique quant à leurs "innovations".




Coté pilotes : c’est le statu-quo par rapport à l’an passé : Stefan Mucke, Harold Primat, Adrian Fernandez et Darren Turner seront toujours de l’aventure. Ils seront rejoints par Christian Klien et Andy Meyrick. Pour le programme 2011 : priorité à l’Intercontinental Le Mans Challenge (ILMC, futur WEC), championnat mondial d’endurance sans le label FIA. Quelques courses secondaires, comme en LMS, sont également inscrites au programme d’Aston Martin Racing.


Six voitures ont été construites, deux sont réquisitionnés par l’équipe et les quatre autres déjà achetés par des équipes clientes en vue de la saison prochaine.


Etant donné que le prototype a été dévoilée tardivement, et faute de véritable roulage. Aston ne participera pas aux 12 heures de Sebring le 19 mars, manche inaugurale de l’ILMC (et faisant cause commune avec l’American Le Mans Series pour cette épreuve). Il va falloir attendre un peu…



AMR-erde


Après plusieurs tests sur différents circuits, l’AMR-One va effectuer ses véritables débuts aux 6 heures du Castellet, sur le circuit Paul-Ricard fin-mars. S’agissant de la première épreuve du championnat Le Mans Series (championnat désormais à l’échelle européenne) où la concurrence est moindre, l’AMR-One peut sereinement faire la course sans trop de pression. Le trio de pilotes choisis pour conduite l’Aston #009 est : Stefan Mucke, Darren Turner et Harold Primat.


©ultimatecarpage

En qualifications, ça commence très mal : après moult soucis mécaniques, l’AMR-One signe le 11e temps, en 1 :52 :700, à plus de six secondes de la Lola B10/60-Toyota du Rebellion Racing, auteur de la pole. C’est même moins bon que plusieurs protos en catégorie LMP2, pourtant moins performantes que les LMP1, ça commence deja à pas mal grincer des dents dans le camp Aston Martin…


La course n’est guère meilleure : à la peine face aux LMP2, l’AMR-One rencontre un souci lié au moteur L6 et s’arrête un bon moment dans les stands. Elle peut néanmoins repartir pour franchir la ligne d’arrivée, mais n’est pas classée pour distance parcourue insuffisante. Il y’a du boulot en perspective pour l’Aston Martin Racing…


Des débuts plus que laborieux sur le circuit Paul-Ricard (©Supercars.net)

Après cette épreuve, nous retrouvons toute l’équipe pour la journée test des 24 heures du Mans fin-avril. Une séance idéale pour préparer le terrain avant les 24 heures …et de mieux comprendre le fonctionnement de la voiture.


Deux AMR-One seront engagées pour la classique mancelle :

  • La 007, conduite par Christian Klien, Darren Turner et Stefan Mucke

  • La 009, avec Adrian Fernandez, Harold Primat et Andy Meyrick

Comme au Castellet, l’AMR-One rencontrera de nouveaux soucis moteur et le proto montre des petites lacunes au niveau aérodynamique, pas terrible pour une voiture construite véritablement pour le circuit du Mans…


En fait, le choix de construire un prototype à cockpit ouvert s’est vite retourné contre Aston Martin et Prodrive : contrairement aux protos « fermés », ils souffrent d’un moins bon profilage aéro, affectant notamment leur vitesse en somme. Ici, l’AMR-One souffre non seulement de ce choix, mais également par un moteur qui n’est visiblement pas en mesure d’exploiter sa pleine puissance. Certains pensent que le L6 ne dépasserait pas les 500 chevaux…


©Michel Faust

Et en termes de chrono, ça donnait quoi ? Eh bien, la #009 n’a pas pu réaliser de temps, car la voiture n’était pas encore prête à courir et connaîtra ensuite des soucis à répétition, tandis que la #007 n’a signé que le 25e temps, en 3 :51 :568, à plus de20 secondes derrière l’Audi R18 d’Alan McNish auteur du meilleur temps des essais. Notons qu’elle a également signé un moins bon chrono qu’une dizaine de LMP2, juste pour vous indiquer une idée de la compétitivité de l’AMR-One…


Ce résultat pousse Aston Martin à ne pas participer aux 6 heures de Spa, seconde manche de l’ILMC et qui a eu lieu début-mai. A la place, ce seront des essais intensifs sur le circuit de Monza durant cette période.



Arrive les 24 heures du Mans, au mois de juin, l’occasion de voir une principale amélioration sur les deux AMR-One : une double sortie d’échappement perpendiculaire. Pas de quoi améliorer véritablement le proto et les objectifs d’Aston pour cette course sont limité : terminer la course, donc point de bataille avec les Peugeot 908 et l’Audi R18, ni même avec les Lola du Rebellion Racing ou avec les OAK- Pescarolo. Notons également la présence d’une Aston DBR1-2 pour l’équipe belge du Kronos Racing.


©endurance-24

Assemblée juste à temps pour les premiers essais officiels, les deux voitures vont à nouveau connaitre des pépins divers : d’abord, des ratés sur le moteur (ce qui conduit à mettre un nouveau bloc sur la 009), et enfin, des éléments de la carrosserie qui se détachent ( !). En qualifs, les AMR-One ne pointent qu’au 22e (007) et 25e rang (009), non sans qu’Harold Primat, sur la 009, voit ses freins partir en feu dès la fin de la deuxième séance de qualifications. En termes de chrono, c’est évidemment pas satisfaisant avec la 007 qui tournait en 3 :45 :918, à 20 secondes pleines des Audi R18 et derrière les meilleures LMP2 du plateau…A titre de comparaison, la DBR1-2 du Kronos Racing tournait 12 secondes plus vite que les AMR-One.


Les AMR-One ne feront pas mieux que pas mal de protos LMP2 en qualifications (©Motorsport Images)

Petite consolation, le proto affichait à un moment, une vitesse de pointe chronométrée à plus de 335 km/h.

Samedi 11 juin 2011 à 15 heures : c’est le début de l’édition 2011 des 24 Heures du Mans, et les spécialistes ne donnèrent pas cher quant aux chances aux AMR-One de finir l’épreuve…Si ils connaissaient le déroulement de la course…




Au deuxième tour de l’épreuve, la 007 conduite par Turner part en tête à queue dans la première chicane des Hunaudières et reste englué dans les graviers. Et juste après, la 009 d’Adrian Fernandez est à l’arrêt dans la ligne droite, l’horreur !


Assez rapidement, Turner s’extrait des graviers et rejoint son stand pour réparer la voiture. Pour Fernandez, il arrivera à effectuer quelques km. avant d’être à nouveau stoppé, cette-fois pour de bon. Abandon de la 009 après deux tours et 20 minutes de course sur casse moteur.


Revenons à la 007 : après plus d’une heure passée dans son box, elle reprend la piste vers 18 heures…pour ne boucler qu’un seul tour (4 au total), le moteur ayant cassé. Fin de l’aventure pour l’Aston Martin Racing après deux heures d’épreuve et six tours bouclés en tout et 84 kilomètres parcourus !


4 tours bouclés pour la #007! (©Pierre-Yves Riom / ACO)


Après cette pitoyable prestation, il devient évident que l’AMR-One est mal-née, élément que le constructeur britannique, Prodrive, George-Howard Chappell et Darren Turner refusent de l’admettre. Pendant ce temps, l’équipe a décidé de ne pas participer aux 6h d’Imola, manche suivante de l’ILMC en juillet.


Les dieux de l'endurance n'ont surement pas été du coté d'Aston...(©Racecar-engineering)

C’est d’ailleurs durant ce mois-là que l’équipe Aston Martin Racing annonce continuer la saison en ILMC avec les bonnes vieilles DBR1-2 made by Lola (ou Lola-Aston B09/60 si vous voulez) tout en insistant que le développement de l’AMR-One continuera durant le reste de l’année. Durant les trois manches restantes de l’ILMC, la DBR1-2 montera à sur le podium au Petit-Le Mans, sur le circuit de Road Atlanta.


La bonne vieille DBR1-2 terminera troisième au Petit-Le Mans ! (©IMSA)

Finalement, en octobre 2011, Aston Martin annonce rester en endurance, mais en GT uniquement, en développant notamment la Vantage V8, toujours avec l’aide de Prodrive. A la même période, George-Howard Chappell quitte l’équipe et Prodrive. Et en janvier 2012, il est annoncé que le développement de l’AMR-One est définitivement arrêté.


Les 24 heures du Mans auront été la dernière participation des AMR-One, aucune autre équipe-cliente (JOTA par exemple, seule équipe ayant dévoilée son "identité") ayant prétendument acheté les quatre autres protos construits ne les feront rouler en compétition…



Retour en GT pour Aston Martin avec la Vantage à partir de 2012 (©Motorsport Images)


Il est évidemment facile de dire que cette voiture a été un des plus grands échecs de l’histoire récente en endurance…mais pourquoi ? Sa conception a commencé qu’à la fin de l’année 2010, ce qui laissait présager pas mal de difficultés de mise au point. Même chose pour l’original moteur L6, qui, en plus de rencontrer des problèmes de fiabilité, n’a jamais affiché sa véritable puissance, d’autant plus qu’il n’a pas été aidé par la nouvelle réglementation qui forçait le constructeur à réduire la taille des cylindres et à quelque peu diminuer la puissance…

Et puis, peut-on penser qu’Aston et Prodrive ont péché par excès d’optimisme ? Concurrencer les Peugeot et Audi est un peu illusoire, surtout avec un budget moins important que ces derniers. Il aurait mieux valu reporter les débuts de l'AMR-One plus tard dans l'année, voire pour 2012...


Mais dans l’absolu, les AMR-One ont trouvé une seconde vie grâce à d’autres constructeurs/équipes qui utiliseront la coque ou le châssis…mais ça, c’est une autre histoire !


Pendant les premiers essais officiels au Mans ! (©ultimatecarpage)


Caractéristiques voiture :


Moteur : 6 cylindres en ligne de 2000cc

Aspiration : turbocompressé (un turbo)

Implantation : Central-arrière

Puissant : 540 chevaux à ? (donnée officielle)


Châssis : monocoque en carbone

Freins : carbone céramique

Suspensions : doubles triangles superposés, d’origine Koni

Boite de vitesses : Séquentielle à six vitesses, d’origine Xtrac

Transmission : aux roues arrière

Poids : 900 kg minimum

Dimensions : 4,6 m (L) * 1,9 m (l)

Pneumatiques : Michelin


Concepteurs: George-Howard Chappell et Ian Ludgate


Résultats en compétition :


Exploitée par l’Aston Martin Racing, avec l’aide de Prodrive

Prévue pour courir à l’intégralité du championnat 2011 de l'Intercontinental Le Mans Cup (ILMC)

Forfait aux 12 heures de Sebring


Participation aux 6 heures du Castellet, manche du Le Mans Series (LMS). Non-classée

Forfait pour les 6h de Spa-Francorchamps


A participé aux 24h du Mans 2011 :

Abandon pour la 007 et la 009

Pilotes : Christian Klien, Stefan Mucke, Harold Primat, Darren Turner, Adrian Fernandez, Andy Meyrick.




Sources et liens:


Le Mans Racing magazine, numéro 68: Bilan des 24h du Mans 2011, été 2011.

Dailysportscar

Archives Autosport

Racingsportscars

https://www.86400.fr/articles/133-aston-martin-amr-one-larme-anti-diesel

https://endurance24.fr/aston-martin-amr-one-petit-tour-puis-sen-va/

https://www.ultimatecarpage.com/car/4769/Aston-Martin-AMR-One.html

https://www.racecar-engineering.com/articles/aston-martin-amr-one/

https://drivetribe.com/p/lmp1-retrospective-ep3-2011-aston-EjRle31lRdKI7R8tZ86PSg?iid=eQQjOBnkT4a61_toXXAs8Q



Henri Pescarolo va reprendre le châssis de l'AMR-One afin de construire un nouveau proto, mais on en reparlera un autre jour sur Fail-auto! (©lemans-sqwib.org)


Presque 9 ans après l'AMR-One, Aston Martin voulait revenir en prototype via la Valkyrie, qui répondra à la nouvelle réglementation Hypercar. Rendez-vous en septembre 2020 pour la voir en action...ou pas, puisque le programme a été suspendu !



K.N

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