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Les malheurs de "Pauline" à Sonoma (2013)

  • Photo du rédacteur: Goodstone
    Goodstone
  • il y a 1 jour
  • 7 min de lecture

Personne ne se souvient ou ne connait un pilote au nom de Paulie Harraka. Rien d’étonnant à cela : il n’a participé qu’à une seule épreuve en NASCAR Cup. Et justement, son unique course dans la division principale de cette discipline n’aura pas été des plus mémorables…ou presque.

 

Si Harraka faisait partie des quelques noms un peu « random » qui apparaissaient sur la liste des engagés comme il en existe souvent, il n’est pas pour autant un pilote dénué d’expérience. Né en 1989 dans le New-Jersey, il effectue ses premiers tours dans un karting à l’âge de sept ans. Après avoir amassé plus d’une centaine de victoires dans les championnats à une échelle nationale ou internationale. Après ces succès, on le retrouve intégré au Drive for Diversity, un programme crée par la NASCAR afin d’attirer et de soutenir des pilotes, mais également des mécaniciens d’équipe ou des investisseurs issus d’une « minorité », comprenez ici les personnes de sexe féminin ou ayant des origines plus ou moins étrangères.  


©Archives Wauters Motorsports
©Archives Wauters Motorsports

Ayant des parents d’origine syrienne et pas forcément dotée de grands moyens pour financer la carrière de Paulie, il intègre ce programme à la fin de l'année 2006. Cela lui permet de s’approcher au plus près du monde de la NASCAR et de faire ses débuts dans une structure professionnelle et avec le soutien de ce programme. Tout commence à la fin de cette même année 2008 lorsqu’il participe aux deux dernières manches de la NASCAR Camping World West Series, série régionale aujourd‘hui reprise par l’ARCA qui se concentre uniquement sur les circuits de la partie ouest des USA. Il terminera dans le top-10 en autant d’apparitions.

 

Pour 2009, il courra exclusivement dans cette série avec le McNally Racing. Et les résultats sont au rendez-vous : deux victoires, huit top-10 en treize courses, une quatrième place finale au classement et le titre de meilleur rookie. 2010 sera pratiquement identique avec cette-fois, une troisième position finale qui l’attendra. Il effectuera également ses débuts en Nationwide Series (désormais nommée O’Reilly Series, la seconde division professionnelle de la NASCAR) sur le circuit de Montréal.

 

Victoire à Roseville en Camping West World Series, première manche du championnat en 2010 (©archives K&N Series/ Brian Bahr)
Victoire à Roseville en Camping West World Series, première manche du championnat en 2010 (©archives K&N Series/ Brian Bahr)

Et en suite ? Harraka quitte le Drive for Diversity et passera l’année 2011 à se concentrer sur ses études, d’où un programme sportif quasi-inexistant. Cela dit, des tentatives ont été faites pour effectuer des piges dans les séries professionnelles. Mais entre le manque de moyens et l’absence de soutiens ou de sponsors à offrir, il est difficile de décrocher ne serait-ce qu’une seule pige. Et puis, se contenter du Start & Park juste pour un weekend, ce n’est certainement pas un rêve pour des jeunes pilotes…

 

On retrouvera le natif de Wayne (New-Jersey) en compétition l’année suivante, à temps plein. Il trouve un volant en NASCAR Truck Series (la troisième division professionnelle) au sein du Wauters Motorsports. Les performances sur la piste sont plutôt honorables, mais de trop nombreux Ford F150 du team se retrouvent accidentés ou totalement détruits en course. Après onze courses, Harraka quitte l’équipe.

Harraka finira 22e à Martinsville, seconde épreuve du Camping World Truck Series (©JonathanMcCoy)
Harraka finira 22e à Martinsville, seconde épreuve du Camping World Truck Series (©JonathanMcCoy)


Il arrivera toutefois à retrouver un volant en Nationwide Series, pour deux courses sur une Ford Mustang du Randy Hill Racing en fin d’année. A Richmond et à Phoenix, il verra le drapeau à damiers en terminant 25e, puis 21e.

 

En 2013, il n’y a pas de programme sportif prévu pour Harraka, que ça soit à temps complet ou à temps partiel. La compétition automobile semble être passé au second plan dans son esprit. A la fin du mois de mars, il effectue une pige en Nationwide Series sur l’ovale de Fontana. Courant pour le Go Green Racing, sa course se terminera prématurément sur une casse moteur. Ce sera son unique apparition dans cette série cette saison. Toutefois, il a conservé des contacts avec cette modeste équipe car cette dernière lui prépare une jolie surprise…

 

Un moteur en feu pour son unique pige en Nationwide à Fontana, mais une bonne nouvelle l'attenra quelques mois après...(©?)
Un moteur en feu pour son unique pige en Nationwide à Fontana, mais une bonne nouvelle l'attenra quelques mois après...(©?)

Et cette surprise, c’est l’annonce de ses débuts en NASCAR Sprint Cup, sur le circuit routier de Sonoma !  Le Go Green Racing va engager une Ford Fusion (« Gen 6 », première année avec ce type de voitures en Cup) sur cette course en Californie qui se déroulera en juin, avec Hasa Pool Products comme sponsor principal. Ce sera la première et unique participation du team dans la division principale de la NASCAR cette saison (cette dernière avait déjà fait quelques piges l’an passé, juste pour se contenter du Start & Park). Elle utilisera l’équipement provenant d’une autre team présente en Cup, le Phil Parsons Racing. D’habitude présente sur toutes les courses en effectuant majoritairement du Start & Park, celui-ci est opportunément absent pour la course de Sonoma et un accord a été conclu entre les deux structures pour l’utilisation du matériel à cette occasion.

Le Go Green Racing va utiliser le numéro 52, déja utilisé par Brian Keselowski et sa propre team en début de saison (©Go Green Racing)
Le Go Green Racing va utiliser le numéro 52, déja utilisé par Brian Keselowski et sa propre team en début de saison (©Go Green Racing)

A vingt-quatre ans, Harraka a réussi à attendre le haut du panier dans le petit monde du stock-car américain, même s’il ne s’agit que d’une seule pige.  

 

Bien que l’annonce ne soit officialisée qu’assez tardivement, et n’ayant effectué que peu de roulage avec une voiture dans ce championnat, l’un des pilotes qui va faire sa première course en Cup, avec Tomy Drissi, Victor Gonzalez Jr et Justin Marks, se comporte bien durant les premiers essais officiels. Il n’y a rien d’exceptionnel en ce qui concerne les chronos (à trois secondes des meilleurs), mais au vu des performances de la voiture et de l’inexpérience du pilote, ce n’est pas non plus mauvais. Et puis, Harraka se permet d’être un peu plus rapide que quelques autres pilotes dans le lot, c’est pas mal. Notons également qu’avec 43 engagés pour 43 places disponibles sur la grille de départ, la Ford Fusion qui porte le numéro 52 n’a aucune chance de rester sur la touche.

 

©Brock Beard
©Brock Beard

Réalisant le 40e temps en qualifications, on apprend un élément très intéressant durant l’avant-course. Il est certes le premier pilote issu de la Drive for University à disputer une manche en Cup, mais ce n’est pas l’information la plus importante. Non, ce n’est pas la pluie fine qui s’invite aux festivités peu de temps avant le départ. Ce n’est pas non plus le retour de Jacques Villeneuve en NASCAR Cup juste pour cette épreuve, ni le fait que Jamie McMurray chipe la pole-position à Marcos Ambrose. Non, Paulie Harraka s’appellerait en réalité « Pauline »…


Ce n’est pas une blague, et cette petite confusion sur le prénom vient de chez nous, en France (cocorico). En fait, les commentateurs de la chaine AB Moteurs (aujourd’hui Automoto la Chaine, diffusant exclusivement la NASCAR Cup chez nous), Pat Angeli et Philippe Chéreau, ont un moment cru que Pauline Harraka est le véritable nom du pilote de la Ford Fusion #52. Une petite confusion dans le prénom qui a certainement marqué quelques personnes qui ont regardé la course de Sonoma en direct sur la chaine, encore aujourd’hui, la preuve !



Une fois passé les festivités avant le drapeau vert et le fameux « Start your engines ! », les voitures quittent les stands pour effectuer des tours de chauffe tout en se rangeant derrière le Pace Car. Mais il y’a un souci dans les stands : la Toyota Camry #83 de David Reutimann s’arrête brutalement sur la voie peu de temps après le démarrage et derrière lui, une autre Toyota, la #19 d’Alex Kennedy, s’arrête juste à temps et évite le choc (quoique, il y’a certainement une très légère touchette). Derrière Kennedy, il y’a la Ford d’Harraka…qui était à ce moment-là un petit peu inattentif. Et la très légère pluie qui était présente au départ de l’épreuve n’aide pas du tout le pauvre pilote qui va emboutir l’arrière de la Toyota blanche. Les débuts de « Pauline » en Cup commencent fort, très fort même après une centaine de mètres : tout l’avant de sa Ford est chiffonné. Il va falloir revenir aux stands pour tout réparer…Erreur de débutant ? A vrai dire, Tomy Drissi n’était pas très loin de faire la même chose sur l’arrière de la #52


Roulant d’emblée avec une voiture endommagée et déjà retardé au moment du départ, le pilote de la #52 s’applique à bien figurer sur la piste, sans tenter de folie ou de trajectoire osée. Sauf qu’à l’entame du septième tour de course (sur les 110 à parcourir), le drapeau jaune est déployé. Le Pace Car ente en piste pour la première fois dans cette course. C’est « Pauline » qui a encore frappé…

 

La #52 est arrêtée sur la piste, dans le premier virage . La partie avant de la Ford a pris une fois encore un sérieux choc. On n’en sait pas plus à propos de cet incident isolé puisque la réalisation nord-américaine (couvée par TNT) était en pause publicitaire à cet instant précis et qu’aucun replay est disponible… Harraka aurait subi une crevaison sur l’une des roues avant, l’envoyant très probablement dans le mur. Tracté par une semi-remorque jusqu’au garage, on pensait que cette course d’enfer serait enfin terminée pour Harraka. Mais les mécanos du team vont passer près de vingt minutes à réparer la voiture et la remettre en piste ! Pauline peut continuer son aventure dans les collines californiennes, bien qu’il n’y ait presque plus aucun élément de carrosserie visible sur l’avant de la Ford !

 

Au moins, la Ford Fusion a survécu jusqu'à l'arrivée, bien que retardée. C'est déja ca.. (
Au moins, la Ford Fusion a survécu jusqu'à l'arrivée, bien que retardée. C'est déja ca.. (

Sans gêner personne et surtout, sans provoquer le moindre incident de course, Harraka réussit à voir le drapeau à damiers à une 39e position finale, à 21 tours de retard sur Martin Truex Jr, vainqueur de l’épreuve. En dépit d’une fin assez heureuse, on retiendra surtout ses mésaventures dès le démarrage pour notre ami Pauline..Paulie, pardon. Et son incident dans les stands a fait pas mal réagir les fans de NASCAR sur les réseaux ou dans les forums d’époque ! Ce fut son unique pige en Cup, et en dépit d’une ultime apparition en Nationwide l’année suivante, à Dover, l’ancien pensionnaire du Drive for Diversity a définitivement tourné la page à la compétition automobile.

 

 

 Liens & sources



Une seule course en Cup ? C'est oublie que Paulie Harraka était également présent en 2014..du moins dans le jeu NASCAR 14 d'Eutechnyx. Pour une raison obscure, il apparait dans le jeu, pilotant une Ford Fusion dotée du numéro 12 et engagée par sa soi-disant propre équipe ! (©??)
Une seule course en Cup ? C'est oublie que Paulie Harraka était également présent en 2014..du moins dans le jeu NASCAR 14 d'Eutechnyx. Pour une raison obscure, il apparait dans le jeu, pilotant une Ford Fusion dotée du numéro 12 et engagée par sa soi-disant propre équipe ! (©??)

 

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