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BHK Motorsport en LMP2: l'important, c'est de participer !

  • Photo du rédacteur: Goodstone
    Goodstone
  • il y a 21 heures
  • 9 min de lecture

Dans une catégorie LMP2 extrêmement relevée au sein de l’European Le Mans Series (ELMS), il est aujourd’hui difficile d’identifier clairement une voiture ou une équipe qui stagne réellement dans le ventre mou du peloton, même parmi les protos e la sous-classe des Pro-Am. Pourtant, dans un passé pas très lointain, une équipe avait bien du mal à réellement franchir un pas dans ce championnat. Certes, débuter dans une catégorie compétitive comme celle du LMP2 n’est pas forcément évident (demandez à Inter Europol Competition par exemple) , mais courir pendant quatre saisons avec des moyens inférieures ainsi qu’avec un lineup qui restait un ton en-dessous de la concurrence, difficile de se faire une place au soleil. La volonté ne manquait pas, mais avec un plateau qui gagne en qualité année après année, il est quasiment impossible de voir un réel progrès sur la piste. C’est l’histoire du BHK Motorsport dans la catégorie principale de l’ELMS.

 

Cette équipe a été fondée par un pilote italien qui a sévi dans pas mal de championnats à partir des années 2000. Roulant en F3 Italienne, puis en Euroseries 3000 avant de s’aventurer en Indycar et d’atterrir en Auto GP, Francesco Dracone ne connaitra jamais la réussite dans une série ou une autre. Après un comeback raté en Indycar chez Dale Coyne en 2015, le natif de Turin fera une apparition en V de V Séries l’année suivante, sur une Wolf GB08 CN du Emotion Motorsport. C’est certainement à partir d’ici qu’il oriente sa carrière vers l’endurance et les prototypes.

 

A la fin de l’année, et après avoir essayé la CLM P1/01 de chez ByKolles, le grand Francesco fonde sa propre équipe : BHK Motorsport. Basée au Royaume-Uni et courant sous licence britannique, sa création est liée au fait qu’elle soit soutenue par une compagnie spécialisée dans la réservation de vols de jets privés, Blu Halkin, ce qui explique également le nom du team.

 

Voulant s’implanter durablement sur la scène de l’endurance, BHK engage tout d’abord une Ligier JS-P3 LMP3 en V de V Endurance Series.  Avec Dracone et Jacopo Baratto, l’équipe est présente sur trois manches,  puis signe un podium aux 6 heures de Vallelunga qui ne comptait pour aucun championnat. Ces participations permettent à celle-ci de se préparer pour une saison complète en 2018, dans un championnat plus compétitif : l’ELMS.

 

S’engageant dans la catégorie LMP3, toujours avec la même voiture et les mêmes pilotes (Baratto est le « Bronze » du team), la première année complète du team dans cette série sera bien difficile et une dix-huitième place finale (dernière parmi celles qui ont participé à toutes les courses) sanctionnera ce bilan. Qu’importe pour BHK qui souhaite rapidement franchir un cap en s’engageant dans la catégorie principale de l’ELMS : le LMP2.

Une première année en ELMS compliquée, avec une Ligier JS-P3 de la catégorie LMP3 (©BHK Motorsport)
Une première année en ELMS compliquée, avec une Ligier JS-P3 de la catégorie LMP3 (©BHK Motorsport)

La structure britannique s’offre une Oreca 07, qui est le proto le plus en vue (et le plus véloce) de la catégorie. Dunlop sera le fournisseur pneumatique et pour épauler Dracone qui fait office de pilote « Silver » (indispensable pour un équipage LMP2 « Pro »), Sergio Campana, brièvement aperçu en Auto GP et en GP2, formera un équipage à deux pilotes. A noter que l’anglais Gary Findlay accompagnera les deux pilotes italiens pour les 4 heures de Barcelone et de Silverstone. Parmi les dix-huit prototypes engagés en LMP2, BHK fait partie es nouveaux venus, à l’instar d’Inter Europol Competition, RLR MSport et du Thunderhead/ Carlin Racing.



Avec une équipe dans l’ensemble, encore « jeune » et débarquant un peu rapidement en LMP2, la saison 2019 sera compliquée pour BHK Motorsport qui ne verra jamais réellement la lumière dans le peloton, ou presque. Classé au milieu d’autres protos ayant un équipage composé d’un gentleman-driver, le duo italien ne peuvent faire mieux que dixième à Silverstone et à Portimao. Avec quatre points marqués au total (c’était l’époque où même les voitures classées hors du top-10 marquaient un demi-point), BHK se classe quinzième au classement des LMP2. A moins, la voiture n’a jamais été retardée par un souci mécanique durant chaque épreuve et l’équipe a réussi à terminer devant Carlin, Inter Europol et la seconde voiture de chez IDEC Sport.

 

On ne peut pas dire que BHK a impressionné le grand public à Monza. Pas simple, l'apprentissage en LMP2...(©BHK)
On ne peut pas dire que BHK a impressionné le grand public à Monza. Pas simple, l'apprentissage en LMP2...(©BHK)

Pour 2020, on ne change rien du tout hormis les pneus Goodyear qui relayent définitivement Dunlop à partir de cette année. Peut-etre que miser sur la stabilité jouera en la faveur d’une team qui espère bien progresser dans la hiérarchie…bien que le plateau en LMP2 monte d’un cran en termes de qualité. A noter que BHK est également présente en LMP3 (avec la toute nouvelle Ligier JS-P320, la deuxième génération des protos de cette catégorie) et plusieurs pilotes se succèderont au volant d’épreuve en épreuve.

 

Malheureusement, tout commence mal dès la première manche, aux 4h du Castellet qui se déroulait en juillet (because Covid) : des soucis électriques contraignent l’équipe à renoncer dans le premier tiers e l’épreuve. Puis, une deux crevaisons consécutives sur l’une des roues arrière seront la conséquence du retrait de la voiture bleue peu après la moitié de l’épreuve. Dans chacune de ces deux courses, le proto n’avait joué aucun rôle dans le peloton des LMP2.


4h de Spa-Francorchamps 2020 (©BHK)
4h de Spa-Francorchamps 2020 (©BHK)

Et la suite ? Les soucis mécaniques ne sont plus présents, mais les résultats seront plus que modestes. Pourtant, il y’a quelques progrès dans l’ensemble, mais ça reste insuffisant dans l’ensemble et les rares moments où l’Oreca 07 bleue est présente devant les caméras, c’est lorsque cette dernière est impliquée dans les petits incidents de course. Hormis ceci, le manque de vitesse face aux meilleurs se fait ressentir et Dracone a malgré tout, un peu du mal à franchir un cap…

 

BHK termine 15e et dernière équipe classée dans sa catégorie, avec 1,5 points marqués. La treizième place aux 4h de Monza et de Portimao seront ses meilleurs résultats.

 

Pour 2021, on ne change rien une fois encore, enfin presque. Cette-fois, un troisième pilote accompagnera le duo italien durant toute la saison et ce sera Markus Pommer, passé en F3 Europe et en GT, qui sera l’heureux élu pour épauler Dracone et Campana.

 

La livrée change quelque peu pour 2021
La livrée change quelque peu pour 2021

Parmi les 16 LMP2 inscrites au total, la qualité est une fois encore au rendez-vous. On ne s’attendait pas à de grands miracles de la part du BHK Motorsport en dépit de leur motivation. Et pourtant, c’est bien cette année-là où cette équipe s’est montrée plus performante qu’auparavant. Certes, cela ne se voyait pas forcément sur la piste et en direct devant les caméras. Et oui, le proto bleu et orange restait encore dans le bas du tableau dans sa catégorie. Mais, il y’a un peu plus de performances même si cela ne se traduit pas par une progression des résultats durant la première moitié de la saison.


Onzième aux 4h du Castellet sans avoir démérité dans le peloton, l’équipe BHK va connaitre son moment de gloire aux 4h de Monza. Bien que qualifié en fond de peloton comme toujours, le proto portant le numéro 35 va remonter au cours de l’épreuve, grâce à une neutralisation en cours de route et aux ravitaillements des adversaires. Ainsi, la voiture bleue et orange pointait un bon moment à la troisième position ! Avec un Markus Pommer qui effectue un solide relais tout en résistant un temps face à Robert Kubica (Team WRT), on pensait que BHK allait signer au moins un bon résultat (le podium est quand même hors de portée à la régulière). Mais le proto va ensuite plonger au classement, avec un accrochage entre Dracone et une Porsche 911 RSR GTE du Proton Compétition qui enverra la 35 en toupie. Elle terminera finalement 18e de l’épreuve,  à trois tours des leaders.

 

4h du Red-Bull Ring 2021 (©Sergio Campana)
4h du Red-Bull Ring 2021 (©Sergio Campana)

Les 4h de Spa et de Portimao verront cette Oreca 07 terminer pour la première fois dans le top-10 de la catégorie, finissant à chaque fois neuvième. Il y’avait un petit peu moins de LMP2 en fin de saison et la voiture restait toujours en queue du peloton. Mais les relais et le rythme semblaient plus constants. A l’issue de cette troisième année en LMP2, BHK termine treizième avec six points. Il s ‘agit de la meilleure saison de la structure britannique en ELMS en LMP2, si on se fie uniquement aux points récoltés. De quoi motiver toute l’équipe pour 2022 ? On nous annonce une surprise pour cet hiver…

 

Et cette surprise, c’est l’arrivée du brésilien Augusto Farfus au sein du team. Bien qu’on ne sache pas encore qui du trio de l’an passé sera sacrifié, la présence du pilote BMW est un sacré coup de la part de BHK, en dépit du fait qu’il n’ait jamais été au volant d’une LMP2 jusqu’alors. Mieux encore, Farfus sera en quelque sorte, le coach sportif des pilotes qui seront présents en LMP3. Car oui, l’équipe du grand Francesco compte bien engager une Ligier JS-P320 après une année d’absence dans cette catégorie.

 

Sauf que lors du prologue (essais officiels d’avant-saison) au Castellet, il n’y a pas d’équipe BHK présente en LMP3 et Farfus n’est pas présent. Seuls le patron-pilote et Pommer sont au volant de l’Oreca 07. En fait, le pilote brésilien aurait déjà quitté l’équipe et au final, on reste fidèle au même trio de l’an passé. Est-ce que cette stabilité permettra à l’équipe de poursuivre sa progression pour la saison 2022 ?

 

A vrai dire, face aux seize autres LMP2 inscrites à l’année (que ça soit en « Pro » comme BHK, ou en « Pro-Am ») et un niveau toujours aussi compétitif, la situation ne change pas et contrairement à fin-2021, on a du mal à confirmer et à définitivement franchir un cap. Les petits incidents de course et les performances plus ou moins médiocres du pilote silver (traduction : le grand Francesco) sont assez fréquents. Et bien évidemment, ne soyons pas surpris si le proto bleu et orange est la lanterne rouge parmi les autres LMP2 « Pro », voire de presque toutes les LMP2 sur la piste.

Après quelques prestations encourageantes fin-2021, c'est le coup d'arret plusieurs mois après...(©Peller Motorsport)
Après quelques prestations encourageantes fin-2021, c'est le coup d'arret plusieurs mois après...(©Peller Motorsport)

Parfois dans le collimateur des commissaires de course (c’est qu’on ne rigole pas avec le règlement durant  les épreuves en ELMS…), la #35 est plus d’une fois, pénalisée/ retardée en cours de route pour diverses raisons : accrochage avec un concurrent, dépassement sous Full Course Yellow (ou Virtual Safety Car si vous préférez), chicane coupée, crevaison, pénalité non-respectée durant un arrêt au stand…Pourtant, il y’a comme un sentiment que la constance relais après relais est meilleure qu’auparavant, de même en ce qui concerne les stratégies. Cela ne suffit malheureusement pas à compenser le manque de rythme face à la concurrence.

 

Le meilleur résultat reste une 13e place générale et de la catégorie aux 4h de Spa. A Portimao, dernière manche de la saison, ce sera « mieux » avec une 12e position parmi les LMP2…derrière les deux meilleures LMP3. Elle finit donc 14e au général. Rien de bien exceptionnel donc si on fait le bilan final qui se résume tout simplement à aucun point de récolté. Depuis cette saison, les voitures classées hors du top-10 sont privés du demi-point et BHK Motorsport aura été la grande perdante de ce petit changement de règle.

 

4h de Portimao: ultime apparition du BHK Motorsport en LMP2...et en ELMS. Elle finira la course derrière les deux meilleures LMP3 au classement général (©JPM Motorsports Photography)
4h de Portimao: ultime apparition du BHK Motorsport en LMP2...et en ELMS. Elle finira la course derrière les deux meilleures LMP3 au classement général (©JPM Motorsports Photography)

Quelles sont les perspectives pour 2023 ? Eh bien…le LMP2 et l’ELMS semblent appartenir au passé puisque l’écurie britannique ne sera pas présente pour une cinquième saison consécutive. Volonté de trouver un autre championnat ou blocus de la part de l’ACO (automobile Club de l’Ouest, organisateur du championnat)  face à des candidatures plus intéressantes dans la catégorie LMP2, on retrouvera BHK en ADAC Prototype Cup, championnat allemand réservé aux LMP3. Débutant avec la Ligier JS-P320, l’équipe change de voiture pour passe à la Duqueine M30 -  D08 pour la fin de saison. La troisième place lors de la seconde manche à Zandvoort sera le seul résultat notable pour cette équipe qui fera également ne apparition en Ultimate Prototype Cup au Castellet, en fin d’année. Dracone et Beitske Visser finiront 17e au général avec la Ligier JS-P320. On recense également une participation à temps-complet en Italiano Sport Prototipo, avec une Wolf GB08, avec Matteo Roccadelli comme pilote.

 

Pour 2023, on redescend d'un cran en s'engageant en ADAC Prototype Cup. Un podium lors e la seconde manche de Zandvoort, avec Elia Sperandio et Alex Cascatau, sera l'unique résultat notable de BHK cette saison (©ADAC)
Pour 2023, on redescend d'un cran en s'engageant en ADAC Prototype Cup. Un podium lors e la seconde manche de Zandvoort, avec Elia Sperandio et Alex Cascatau, sera l'unique résultat notable de BHK cette saison (©ADAC)

En 2024, BHK est présente lors de la manche d’ouverture de l’ADAC Prototype Cup avec Francesco Dracone. Il réussira à placer la Duqueine en pole-position sur le circuit de Spa. Mais les deux courses sont annulées à cause des pluies diluviennes. Après ceci, l’équipe fait son retour en Ultimate Prototype Cup à Portimao, où Dracone et Campana ne verront pas l’arrivée. Ce seront les ultimes apparitions de cette équipe en compétition automobile et disparaitra discrètement de la circulation. Durant ses quatre saisons en LMP2 et en ELMS, jamais l’équipe n’a réussi à finir dans le même tour du vainqueur, et ses qualifications en première moitié du tableau se comptaient littéralement sur les doigts d’une main…

Mais Francesco Dracone n’a pas décroché son casque, au contraire, il continue d’être présent dans le monde des motocross ou des rallyes-raid.

 

 Liens/ sources


Archives Endurance-info, Endurance24, Dailysportscar, Auto-Hebdo, ELMS (incluant replay des épreuves et données)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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